Gwenn Merel
Artiste plasticienne
Toupie, vidéo HD noir et blanc, 9 min, 2013
« J’enregistre, je filtre, je diffuse une poétique quotidienne en expérimentant un autre rapport au pictural. Mon travail oscille entre sublimation de fragiles phénomènes (diffraction de la lumière, réflexion à la surface de l’eau) et un questionnement du rapport entre l’homme et les espaces dits « naturels », notamment les paysages grandioses (espaces aquatiques, ciel, paysages de montagne).
Observatrice discrète contemplant le monde sans m’y plonger, j’utilise les installations, les projections vidéos ou de diapositives, le dessin ou encore la sculpture, comme moyen de capter le presque-rien. Au delà de l’observation de phénomènes, ces « actions contemplatives » rendent manifeste le manque d’attention induit par l’habitude et le devoir quotidien de la productivité.
C’est de l’existence elle-même dont il est question. Il s’agit de rappeler la nécessité de couper, au sein de nos existences asservies aux impératifs de productivité, des brèches d’inactivités, d’où puisse surgir une autre conscience de soi-même et du monde qui nous entoure.
Je tente de réhabiliter l’oisiveté perçue dans nos sociétés occidentales de manière négative comme le gaspillage d’un temps jugé précieux et qu’il est nécessaire d’occuper par du travail, des activités familiales et sociales ou par des loisirs, fut-ce de manière passive comme regarder la télévision. Je cherche à recréer l’émotion générée par les expériences ténues du monde, de matérialiser l’enchantement d’instants insaisissables. »